Le choix de Mathilde : La France, les startups, Vivatech et les autres

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Après le salon Vivatech et sa folie médiatique tournée vers les startups et notre nouveau Président de la République, j’ai décidé cette semaine de revenir sur le sujet du financement et de la pérennité des « startups » (oui, je mets des guillemets).

L’univers startup : il y a le mythe, mais surtout la réalité

En tant que fondatrice et dirigeante de Fundy , j’assiste aux derniers événements avec une certaine circonspection : tant d’annonces et de battage médiatique ont été faits ces dernières semaines, surtout après la venue de Monsieur Macron sur le Salon Vivatechnology, la Mecque de l’écosystème startup en France. Je suis ravie du dynamisme et des volontés à encourager et faire rayonner les jeunes entreprises françaises : notre pays regorge d’entrepreneurs et créateurs aux idées ingénieuses, utiles et responsables qu’il faut soutenir (c’est ce qu’on fait chez Fundy). Pourtant, j’aimerais tout de même rappeler qu’une startup est avant tout une entreprise, certes à fort potentiel de croissance, mais une entreprise quand même ! Et quel est le but d’une entreprise ? Créer de la richesse et des bénéfices pour rémunérer son capital.

Si tout cela peut paraître évident, on constate que c’est pourtant là que le bât blesse. En effet pourquoi, là où une entreprise du secteur classique va rechercher des clients pour développer son business, une entreprise innovante va plutôt s’épuiser à chercher des investisseurs et lever des fonds ?

Financement des startups : gare à l’excès de biberon

Beaucoup d’entrepreneurs créent aujourd’hui leur entreprise avec l’espoir d’être rachetés et millionnaires à trois ans : quelle utopie ! Le but d’une startup, comme n’importe quelle entreprise, est de trouver son marché, ses clients, de développer son business et de faire des bénéfices. C’est la clé de réussite mais surtout de pérennité pour n’importe quelle entreprise. On parle souvent d’un marathon, pas d’un sprint…

Pourtant, cette vérité qu’est l’essence même d’une entreprise semble remise en cause par la course aux investisseurs que mènent aujourd’hui les startups. Brillamment illustrée dans un article paru cette semaine dans Challenges, cette course frénétique à l’investissement élude quasiment le principe même de la recherche de rentabilité à court ou moyen terme ! On se demande même parfois si cela vaut encore la peine de se battre pour trouver des clients alors que certains lèvent des millions sans n’avoir jamais rien vendu.

L’Etat startup ?

L’Etat et le Président de la République ont affirmé vouloir renforcer leur soutien à l’entrepreneuriat par la création d’un fonds pour l’innovation couplée à l’assouplissement des taxes sur le capital. Gare cependant à l’effet « bulle » qui mènerait à leur perte nos jeunes entreprises françaises,  surtout lorsque l’INSEE affirme dans sa dernière étude de 2016 que 90% des startups ne passent jamais la barre des 3 ans. La création de richesse doit s’inscrire dans la durée, non dans un effet spéculatif à très court terme où l’emploi stable n’aura jamais sa place. Un comble à l’heure où a lutte contre le chômage et le pouvoir d’achat restent les préoccupations majeures des français.

Je conclurais donc que l’innovation a besoin d’investissement pour se déployer, mais que nos nouveaux business ont surtout besoin de nouveaux clients, de nouveaux usages et de nouveaux marchés.

A la semaine prochaine, Mathilde.

 

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